La Riviera Maya commence au sud de Cancun et s’étire sur 130 km. Le long de plages luxuriantes se fondant dans les eaux bleues des Caraïbes. De Cancun à Tulum le corridor Maya est truffé de complexes hôteliers offrant tous les services imaginables aux touristes avides de vacances de rêve. La zone hôtelière se développe au fils d’investissements pour la plus part étrangers : Espagnols, Allemands et un peu Mexicains. Les étasuniens quant à eux ont pris d’assaut Cancun il y a 20 ans et l’on transfiguré au gré de leurs exigences de vacanciers. Leurs ravages écologiques inclus les fast food qui pullulent et polluent le décor. Le gouvernement mexicain a compris le jeu et impose maintenant des restrictions aux promoteurs afin de protéger le patrimoine, la culture et le sol ancestral des mayas. Les nouveaux complexes s’entourent de jungles, contournent les marais, s’acoquinent avec de petits villages aux attraits typiques et offrent des excursions qui permettent la découverte des richesses naturelles du pays sans l’endommager. La formule tout inclus trône dans tous les grands hôtels et s’accompagne de sports le jour et de spectacles le soir. De l’aérobie à la plongée en passant par les jeux de plage et de piscine, le choix est grand et complet. Je défie quiconque de s’emmerder… !
Alors le tourisme se porte bien au Mexique.
Chichen Itza, Isla Mujeres, Xel-Ha, Cozumel ne sont que quelques endroits à explorer. Il y a bien plus à découvrir, à vous de faire votre choix sur place.
J’ai eu l’occasion de découvrir Xcaret (prononcer Ich-ka-rette) : un éco-parc à quelques kilomètres de Playa Del Carmen. Sentiers sauvages, petites plages isolées, volière de papillons, félins et tortues, poissons exotiques, balades avec dauphins, visites de cenotes (fascinantes rivières souterraines), sont autant d’activités qui occupent le corps et l’esprit. Prévoyez toute une journée pour en explorer les recoins. On y pique-nique ou déguste les plats typiques du coin dans quelques restaurants planqués au cœur de cette jungle jadis réservée aux loisirs des dieux. Un spectacle nocturne à grand déploiement (genre La fabuleuse histoire d’un royaume Maya) retrace les plus forts moments de cette civilisation méconnue et phagocytée par les grands courants de l’histoire. Un incontournable ! Et ce n’est qu’un des sites d’attractions que la Riviera Maya propose.
Quant au peuple Maya, il est descendu des montagnes sacrées pour vendre son artisanat et vivre à proximité des stations balnéaires où il travaille exclusivement au service des touristes. Plusieurs Mayas ne parlent que la langue des ancêtres et ont peine à s’adapter à l’espagnol et encore plus à l’anglais. Ils pratiquent toujours les rites ancestraux et jouent encore au Pok-la-Pok : jeu très dangereux qui s’apparente au football et où on peut y laisser sa peau mais jamais son honneur. Et chaque soir au crépuscule, le spectacle le plus touchant est bien celui des locaux qui, fidèles à la tradition, saluent la rencontre du jour et de la nuit sur un mirador pointé devant l’immensité de l’océan. Répétition sans fin des derniers moments d’une civilisation qui jadis remerciait quotidiennement ses dieux pour des faveurs que nous sommes en train de piétiner avec nos gros sabots de touristes.
Il nous faudra apprendre à respecter nos hôtes.
Du reste les tornades (Isidore est le dernier en lice) qui jadis mouraient dans l’océan, s’échouent de plus en plus sur les rives et à l’intérieur des terres.
Chac-Mool, le dieu de la pluie se vengerait-il des changements que nous apportons à la nature ?
Cancun et la Riviera Maya sont à la fine pointe de la restauration. Les grands chefs du monde entier se disputent les meilleures tables du Yucatan : italiens, français, argentins, japonais et bien sûr mexicains rivalisent pour présenter un menu digne des grands palais.
Un bon guacamole reflétera la qualité d’une cuisine. Mole, huachinango et ceviche font partie de la cuisine régionale traditionnelle qui demeure une expérience culinaire nirvanante.
La musique chaude et envoûtante du Mexique est omniprésente sur toute la côte. Elle se danse allégrement sous les banderitas flottant au-dessus de chaque célébration. Les groupes de mariachis (fusion d’influences latinos et européennes) sont les rois des restaurants, hôtels et zocalos. Ils ponctuent les fêtes religieuses et nationales ainsi que les anniversaires et mariages. Dans les clubs à ciel ouvert du tout Cancun on voit musiciens et danseurs se déhancher sans vergogne jusqu’aux petites heures du matin. La rue prend des airs de fête au son des rythmes endiablés. Le dernier cri des bars s’appelle Coco Bongo. Il réunit artistes, acrobates et jongleurs pour l’émerveillement du badaud qui n’en finit plus de se trémousser jusqu’à épuisement. Cancun ne dort jamais, alors il faut bien choisir sa chambre d’hôtel si on veut se reposer un peu.
Et le jour suivant impose un rythme plus lent : celui des tropiques. Manana…jusqu’à la tombée du jour où la frénésie reprend de plus belle.
C’est dur dur dur les vacances !
Tout le monde rêve d’obtenir le meilleur prix en ville (hystérie de notre siècle) et les mercados sont le terrain parfait pour trouver le regalo idéal. Le marchandage est un art chez nos voisins du sud mais il faut savoir quand et où l’appliquer. Les boutiques des hôtels et les grandes surfaces ont des prix fixes mais ils vous donneront généralement 30 % de réduction et peut-être plus si vous acheter plusieurs articles.
Par contre les mercados le long de l’autoroute et dans le centre-ville de Playa del Carmen et de Cancun (mercado 28) vous permettront de vous adonner à un marchandage plus corsé mais il faut prendre son temps. Parfois le langage des mains s’avérera utile pour convaincre le vendeur qui souvent est un acteur accompli. On fait tous du show bizness ! Vestons de cuir et guayaberas (chemise traditionnelle), huaraches (sandales), huipiles (robes traditionnelles Maya), poteries d’Oaxaca et les arbres de vie peints à la main attireront sûrement votre attention et votre porte-feuille. Il faut décider en premier de l’intérêt qu’on porte pour un objet avant d’entrer dans le jeu. Si on marchande trop fort cela signifiera que l’on n’y connaît rien et on perdra l’intérêt du vendeur.
À Cancun, la Plaza Kukulcan est le point de rencontre de la gente gaie mexicaine. On y flâne. Bon temps pour apprendre l’espagnol ou le réviser. Les locaux seront touchés de votre intérêt pour leur langue et leur culture. Les hôtels des alentours attirent évidemment les touristes gais du monde entier. La playa Delfines mérite une ballade.
Picante, Karamba, Sebastian’s et Risky Times sont les bars les plus calientes. Il y a aussi le mirador à l’entrée de la ville, un cran plus romantique.
Encore jeune et timide, Playa del Carmen, ancien village de pêcheur à 68 km. De Cancun, offre quelques petits hébergements gais qui vous permettront de découvrir la faune locale et le sud du pays à votre rythme.
Richard (Franck) Bourcier
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