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Brésil

C’est la faute à Rio

Entre l’équateur et le tropique du Capricorne, le Brésil – terre ancestrale de nombreuses tribus amérindiennes – ouvre ses portes aux voyageurs curieux pour leur offrir des plages de rêve, une vie trépidante et un dépaysement inattendu. Le vol pour s’y rendre est un peu long, mais une fois sur place la fatigue du déplacement se fait vite oublier. Compte tenu du faible décalage horaire, une bonne nuit de sommeil et vous êtes prêts à attaquer le Brésil dans toute sa samba. On ne peut pas décrire le pays et ses attraits dans un seul article car il est truffé de trésors du Nord au Sud. Voici quelques informations et endroits visités qui vous mettront au parfum du pays. Celui du fruit d’une passion : le Brésil.

Complètement au Nord, c’est l’Amazonie ; ce grand poumon de la planète risque l’emphysème suite à un grand déboisement en parti dû au refoulement des indigènes hors des grands centres, de l’exploitation minière et de la culture sur brûlis. Elle demeure encore la plus grande réserve biologique du monde et abrite le tiers des espèces vivantes. Pour les amateurs de grandes aventures, c’est le nirvana.

Salvador ou Bahia est une petite ville mythique et pittoresque sur l’Atlantique qui compte 20 000 fanatiques de religions, spiritisme, macumba et candomblé, une forme de vaudou encore pratiqué en milieu clos. La ville a fait les beaux jours des Marley et Hendrix qui ont imprégné de leur musique les nuits chaudes de l’hémisphère Sud. Petites plages, port de pêche, Mercado Modelo, églises et bâtiments issus de la période coloniale (17-18e siècle) s’étalent pour donner un charme envoûtant à la ville. Les douze dieux amenés d’Afrique par les esclaves de la canne à sucre sont encore bien vivants et vénérés. Ici on guérit, on impose les mains, on concocte des recettes mystérieuses, on encense. Il n’est pas rare de pratiquer plusieurs religions de confessions différentes, ne serait-ce que pour multiplier les chances d’accéder à un monde meilleur ici-bas ou dans l’au-delà.

Buzios, petite station balnéaire branchée à 2 heures de route de Rio, fût popularisé par Brigitte Bardot qui en fit son Saint-Tropez secret pendant longtemps. Village animé, boutiques de choix, croisières portuaires, baignades et couchers de soleil émouvants en font un petit coin à découvrir.

Sao Paulo, ironiquement appelée la petite New-York, agglomère 20 millions de travailleurs qui congestionnent les rues surchauffées de la mégapole à tel point que les hommes d’affaires se déplacent de l’aéroport aux toits de leurs hôtels en hélico. Elle abrite 30 des 50 plus grosses industries du Brésil. Les bijouteries et prestigieuses griffes européennes se côtoient dans les vitrines des grandes artères. Marilyn en serait morte d’envie et notre Mado pourrait y trouver à se vêtir convenablement. (Farce)

Dans les hauts plateaux de la Pampa, les gauchos vous accueillent dans leur quotidien de rancher. Élevage de bétail, de chevaux et exploitation de minerais servent à maintenir l’économie fragile du pays. Il existe beaucoup d’autres endroits à découvrir : Recife, Brasilia et toutes les petites villes de la côte atlantique. Je ne peux non plus passer sous silence les chutes d’Iguaççu qui vous retiendront au moins deux jours devant ce spectacle grandiose de la nature.

Mais c’est Rio de Janeiro, dite la « Ville merveilleuse », qui prend toute la place dans le cœur du voyageur et des habitants. Dès l’arrivée en ville, une frénésie palpable s’empare de tous. Un vent d’énergie nous enivre et nous plonge dans le rythme urbain à notre insu. Rio, c’est une plage très animée de quatre kilomètres de long qui se nomme tantôt Copacabana et Leme, tantôt Ipanema et Leblon. Des drapeaux gais identifient les points de rencontre pour la gente gaie. Chaque section de plage accueille les cariocas (habitants de Rio) qui s’amusent, jouent et pratiquent leurs sports favoris. Soccer de plage, volley-ball, course à pied, paletas, bref, les exercices de tout genre sont à l’honneur. Pendant que le Christ Rédempteur du haut de Corcovado retient les nuages à bout de bras, les cariocas se prélassent, insouciants sous un soleil permanent qui chauffe les corps au paroxysme du soutenable. Les gars et les filles sont sexés. Les corps sont noirs, musclés et les sourires invitants. Rio c’est aussi le haut-lieu de la chirurgie esthétique car puisqu’on est toujours à la plage, le corps devient la tenue vestimentaire sociale et doit faire bonne figure. Les minis costumes de bain sont de mise – merci mon Dieu, le boxer ne se rend pas sur les plages du sud !

Rio est la société des loisirs. Je savais bien quelle existait. Personne ne semble travailler. Du reste, on prétend que les Brésiliens travaillent à Sao Paulo et s’amusent à Rio !

Le pas rapide du piéton rythme la circulation urbaine. Tout le monde s’empresse pour s’amuser. Et quand le jour achève, c’est la cohue nocturne qui prend le relais avec ses bons restos, ses discos, ses bars et l’animation de ses marchés. De jour comme de nuit, impossible d’échapper à l’emprise du plaisir… Et il y a toujours la plage qui reste achalandée 24 heures sur 24.

Le Carnaval, c’est la fièvre du samedi soir. Dès septembre, les habitants descendent des favelas (quartiers défavorisés à flan de montagne avec vue imprenable sur la baie) pour assister aux répétitions des différentes écoles de samba qui pavoiseront orgueilleusement lors des grands déploiements du Carnaval. C’est un rendez-vous incontournable pour toute la ville qui en profite encore une fois pour s’éclater sur les rythmes les plus endiablés. Les répétitions ont lieux dans des arénas tous les samedis jusqu’aux grands soirs de février. Il est fortement recommandé d’y assister, car c’est le pouls de toute la ville qui vibre jusqu’à 5 heures du matin. Une frénésie contagieuse se répand dans la foule. Petits et grands fêtent et chantent par cœur et en chœur les airs qui feront « léviter » le Sambadrome et qui hypnotiseront les badauds venus se faire éclater les oreilles. On croirait assister à une messe païenne où tous les fidèles tombent en transes. Quatorze écoles professionnelles de danses s’affronteront dans le grand concours du Carnaval. Des écoles de moindre importance sont invitées à participer et aspirent au titre de meilleure école de l’année. La déesse de beauté qui trône sur le char allégorique de l’école gagnante deviendra la reine du Carnaval. Chaque école arbore sa propre couleur et compte plus d’un millier de participants, incluant une dizaine de musiciens et 300 percussionnistes costumés, excentriques et peu vêtus les soirs de Carnaval. Si vous devenez sourd le lendemain d’un de ces fameux samedis soirs, vous pourrez toujours dire : « C’est la faute à Rio ! »

Et pendant qu’on se les gèle ici, c’est l’été en Amérique du Sud, donc le temps idéal pour y aller. Mais le cœur des cariocas est ouvert et chaud à l’année longue.

Vous entendez parler des dangers potentiels d’arnaques pour les touristes ? Il faut simplement être vigilant et ne pas traîner seul le soir dans des quartiers sombres.

Je ne vous ai pas parlé du Football, des danseurs de Capoeira (danse/combat) et de ce fameux caipirinha (boisson nationale à base de canne à sucre)… et de…

Ce sera pour une prochaine fois.

Richard (Franck) Bourcier

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