Bleu voyage

Argentine

Buenos Aires : Vélo y Tango

La radio du taxi qui m’amène de l’aéroport à la ville, crache de vieux airs de tango. Premier contact avec ce qui sera une semaine de surprises, de découvertes fascinantes et d’envoûtement.

Nous sommes en novembre, c’est le printemps argentin. Pendant que Montréal devient gris, Buenos Aires se drape d’un doux printemps ensoleillé. De grands arbres bleutés surgissent des grandes allées et donnent à ce décor une teinte impressionniste. La ville est truffée de jolis parcs honorant de grands personnages. Les enfants jouent sous le regard bienveillant des ancianos qui se promènent de parcs en bancs et de bancs en parcs pour nourrir les oiseaux venus leur rendre visite.

Un petit peu d’histoire vous situera mieux dans le décor.

L’Argentine fût découverte au 15e siècle. Toutefois, des petites peuplades de pêcheurs et chasseurs parsemaient le pays 10 000 ans av. J.C. Les espagnols furent les premiers à débarquer. Puis vinrent s’implanter italiens, français, allemands, britanniques et plus récemment les Japonais. Tout ce beau monde a construit (ou importer pièces par pièce d’Europe) l’infrastructure nécessaire à son développement. La musique, les mœurs et la culture suivirent. Aujourd’hui encore l’architecture urbaine issue de tous âges et de tous styles témoigne des heures de gloire des conquistadors. Les grandes allées sont pensées à la Française. Les balcons en dentelles des petites rues puisent leurs influences dans l’Italie profonde. Les buildings victoriens côtoient noblement les auberges espagnoles.

La ville est divisée en quartiers touristiques tous différents, voire uniques. Elle se visite très bien à pied, à vélo ou en transports urbains modernes. Le dimanche la ville sort ses vieux wagons anglais de 1910 et offre une balade dans le temps à ceux qui prennent le métro. Voici quelques promenades et itinéraires qui vous feront découvrir ce peuple charmant dans son habitat naturel : le tango.

La Recoleta est le centre-ville animé où se rencontre la gente gaie. L’ambiance y est très décontractée. Les vitrines regorgent de griffes européennes à des prix dégriffés (du moins pour nous.) Les restos assados (gros steak d’au-moins 500 g. servi bien rouge) pullulent et offrent une carte de vins de grands crus. Les disquaires et librairies recèlent de véritables trouvailles : le tout accompagné par cet air de bandoléon qui se projette hors des petits bistros au passage. Dans ce quartier Le Cimenterio de la Recoleta garde la dépouille d’Évita qui a écrit « Volvere y seramos miliones » Elle ne s’était pas trompée. Aujourd’hui devant le mausolée familial des Duarte au moins un million de visiteurs lui rendent visite annuellement, flattent son nom et reprennent courage. Pas très loin de là, le Museo de Bellas Artes mérite quelques heures d’attention. C’est déjà l’heure de pointe, les 5 à 7, les sorties de bureaux. Les portenos (habitants de la ville) engorgent les bistros et flânent avant de s’attaquer au dîner prévu pour 23 heures. Ensuite ce sera les bars et la vie nocturne branchée.

Aujourd’hui on fait un circuit à vélo avec guides. Nous voici un petit groupe de touristes venus de par le monde à partager quelques heures qui nous amènent le long de Puerto Madero et ses docks aménagés. On bifurque vers un quartier aux couleurs de l’arc-en-ciel : La Boca. C’est un genre de petite Italie, bariolée avec les restants de peinture des bateaux qui déversaient leur lot d’immigrants pensant faire fortune dans ce nouveau continent. Il contient aussi le stade de football qui fait l’honneur de tout le quartier. On se rue pour voir à l’œuvre son joueur favori. Un match vous convaincra. C’est aussi dans ce quartier que le tango prend sa source et coule à flot dans tous les réduits.

Le quartier résidentiel de Palermo renferme un très beau zoo, un jardin botanique et un jardin japonais inspirant à la méditation.

L’Hippodromo Argentino et le Campo de Polo sont considérés comme deux cathédrales par les Argentins. Le culte du cheval est une vieille passion qui explique la beauté et l’emplacement privilégié de l’hippodrome.

Le dimanche c’est jour de marché à San Telmo. Considéré musée à ciel ouvert par la ville, ce marché est une allégorie démesurée qui déploie son arsenal de kiosques bourrés d’antiquités, de pavillons aux thèmes les plus farfelus, de collections les plus bizarres, d’amuseurs et musiciens de rue, de théâtre et d’improvisations qui font de ce quartier un incontournable pour bien goûter à la frénésie argentine. Bien sûr le tango est à l’honneur. On le chante, on le danse, on l’interprète avec toute la passion qu’il inspire au grand plaisir des badauds. Le tango : cette danse lascive et macho qui permet à l’homme de dominer son ou sa partenaire avec grâce et détermination. Senor Tango est un bon endroit pour goûter au plaisir de ce spectacle.

Ce soir, ce sera la découverte du café Tortoni, demain la visite du Théâtre Colon qui garde jalousement les fantômes des grandes voix disparues.

Avant même de le réaliser la semaine est passée. Je voulais me faire bronzer à Mar del Plata, belle plage branchée à 2 heures de la ville, mais il est temps de partir laissant derrière moi un vague sentiment nostalgique, une impression que je pourrais habiter à Buenos Aires, me fondre dans la foule et la découvrir éternellement.

Terre de Feu et de passions

Maintenant je laisse la parole à quelques aventuriers qui ont poussé plus loin leur découverte du pays. Ils en sont revenus enchanté. Un survol du pays vous donnera une bonne idée de l’étendue des découvertes et des activités qui s’imposent aux voyageurs intrépides.

Au Nord, les chutes Iguazu chevauchent le Brésil, l’Argentine et le Paraguay. Un petit vol interne qui rempli l’album photo vous amène en pleine jungle au pied des Gorges du Diable, dans le décor grandiose du film Mission. Comptez 2 jours au moins pour explorer cet Eden de mille façons. « Les chutes sont splendides, il faut les voir, les admirer, les entendre. » C’est aussi le paradis des oiseaux, des papillons et de toute une faune qui nous est inconnue. À l’ouest près du Chili, Bariloche – la petite Suisse – vous transporte au pays du chocolat, des gauchos (cowboys argentins) et des pentes de ski de la Pampa.

La Patagonie couvre le sud du pays et déploie ses tentacules jusqu’au berceau de l’Amérique : la Terre de Feu. El Calafate, vous introduit au parc national où les glaciers descendent du continent et se fondent dans la mer. Il est tout simplement spectaculaire de voir le Perito Moreno s’avancer avec fracas dans les eaux cristallines bleutées par le soleil. Habillez-vous chaudement. Ushuaia est la ville la plus au sud de la planète. Musée, train du bout du monde, ancienne prison et une multitude d’activités dépaysantes en font une destination touristique majeure. Vous aurez l’impression de jouer les Magellan.

Petite anecdote cocasse : Lors d’un voyage diplomatique au début du siècle, un ministre canadien eut la bonne idée d’offrir 2 couples de castors à ses hôtes qui les mirent dans une réserve nationale. Soixante ans plus tard, c’est la catastrophe. Les castors très reproductifs provoquent maintenant des désastres écologiques à cause des barrages qu’ils ne cessent d’ériger !

Pour les sportifs, les centres de ski de tout acabit abondent surtout de Mendosa jusqu’à la Terre de Feu. La pêche sportive attire les fanatiques de grands airs et de grandes eaux. On joue au golf devant le paysage époustouflant et verdoyant des Andes sur des parcours signés par de grands maîtres. De nombreuses régions protégées donnent à l’écotouriste la chance de découvrir des écosystèmes très riches et variés tout au long du territoire argentin. Sentiers, randonnées, alpinisme, eau vive, tout terrain, deltaplane et plongée ne sont qu’une partie de l’éventail d’activités pour les plus audacieux.

Après s’être repu de tant de nouveauté et de dépaysement on garde un souvenir indélébile de cette incursion dans un autre monde, celui du bout du monde.

C’est le monde à l’envers !

Et cet air de tango qui ne me lâchera plus…

Visite virtuelle :

Merci à Robert, Camil et Martin pour les infos et photos.

Richard (Franck) Bourcier

Liens pratiques
Convertisseur de
devises :
UCC


Météo :


Membre de :
IGLTA

Ce site est optimisé pour une résolution d’écran 1024 x 768. Dernière version de IE recommandé.

© Bleu voyage, 2005. Tous droits réservés